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Airbnb, coavionnage le tour de vis des autorités françaises

  • Publié le : 15/01/2016 14:16

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L’économie collaborative a des limites. C’est le message lancé cette semaine par la mairie de Paris et la Direction générale de l’Aviation civile.

Les agents de la capitale ont effectué mardi 12 et mercredi 13 janvier une opération coup de poing pour débusquer les “professionnels” de la location des meublés touristiques de courte durée, qui abusent des plateformes internet comme AirBnb. Un propriétaire n’a en effet pas le droit de louer sa résidence principale plus de 4 mois par an par ce biais.

Sur 1.200 appartements contrôlés dans les Ier et VIe arrondissements de la capitale, 68 font l’objet d’une “présomption d’infraction”. Les propriétaires ont six mois pour se mettre en conformité avec la règlementation en remettant leur bien à la location traditionnelle ou en “compensant” avec un autre logement d’une surface identique.

“C’est un chiffre important qui nous montre toute la pertinence de ces opérations et nous incite à les multiplier”, a affirmé à Ian Brossat, adjoint au logement de la maire PS de Paris Anne Hidalgo. “On est de plus en plus confronté à des professionnels qui font de l’hôtellerie clandestine”, a ajouté l’élu communiste, avec des logements qui “ne servent plus à loger des Parisiens mais sont transformés en cash machine”.

Paris est la première destination mondiale de Airbnb, avec 50.000 logements proposés à la location. Il s’agit de la deuxième opération de ce contrôle dans la capitale. 80 appartements avaient déjà été visités en trois jours dans le Marais (IIIe et IVe arrondissements). De nouvelles opérations de ce type auront lieu dans les mois qui viennent, notamment grâce au recrutement de cinq agents supplémentaires.

La ville de Paris va également bientôt contacter Barcelone, Madrid et New York pour “voir comment on peut travailler ensemble”, a encore dit Ian Brossat. La mairie catalane utilise par exemple un programme informatique qui surveille les annonces en ligne. Elle a pu identifier 3.929 logements loués de façon irrégulière à des touristes, sur le site HomeAway et 1.891 sur Airbnb.

Des plateformes internet mettent également en relation des pilotes privés et le grand public pour pratiquer du coavionnage, qui permet de partager les frais de vol. La Direction générale de l’Aviation civile (DGAC) a annoncé jeudi 14 janvier de nouvelles normes pour assurer la sécurité des passagers.

Les sites internet qui proposent du coavionage devront se doter d’un certificat de transport aérien (CTA) et d’une licence d’exploitation. Pour permettre aux sites de se mettre en conformité, la DGAC a proposé de les “accompagner dans cette voie en échangeant avec eux sur les spécificités de leur activité”.

La DGAC avait mis en place à l’automne un groupe de travail car elle estimait que la pratique des plateformes de coavionnage n’offrait pas “les garanties de sécurité attendues pour le transport public de passagers”. Le groupe de travail a réuni des représentants de trois plateformes de coavionnage, de la Fédération française d’aéronautique – représentant les aéroclubs -, des personnels navigants techniques et des compagnies aériennes, ainsi que de la gendarmerie du transport aérien et des douanes. Il a réalisé “un état des lieux” et constaté qu'”il y a un vide juridique”.

Un pilote a légalement le droit de partager les frais du vols avec des membres du cercle familial ou amical lors d’un vol privé ou de loisirs, mais “l’extension au grand public sort du cadre privé et se rapproche du transport public qui présente un haut niveau de sécurité bien supérieur à celui de l’aviation générale”, avait souligné l’organisme en septembre.

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